Maison MacNaughton
| Type | Agrandissement et réaménagement d'une maison unifamiliale |
| Lieu | Ville Mont-Royal |
| Année | 2024 |
| Superficie | 2 880 pc |
| Photos | Maxime Brouillet |
Située à Ville-Mont-Royal, la Maison MacNaughton est le résultat de la transformation et de l’agrandissement d’une maison jumelée des années 1940. La famille qui l’habite, un couple actif et leurs deux enfants, souhaitait réconcilier le charme du quartier avec les exigences d’une vie contemporaine tournée vers l’extérieur. L’organisation d’origine, cloisonnée et peu lumineuse, ne répondait plus aux usages actuels ni aux aspirations de ses occupants.
Ville-Mont-Royal se distingue par une forte cohérence typologique, marquée par des maisons jumelées aux toitures mansardées imposantes, dont les étages supérieurs s’inscrivent sous la pente du toit. Respecter cette identité constituait une condition fondatrice du projet afin d’assurer la continuité du paysage bâti.
Les architectes ont ainsi proposé un geste à la fois mesuré et affirmé : prolonger la toiture existante vers l’arrière jusqu’à ce qu’elle devienne façade. Ce glissement transforme le toit en une enveloppe habitée accueillant sur deux niveaux l’ensemble du programme ajouté.
En façade avant, la devanture traditionnelle est restaurée dans son état d’origine et accompagnée d’un aménagement paysager qui prolonge le dialogue avec la rue.
C’est toutefois depuis la cour que la maison révèle pleinement sa singularité. La façade arrière, entièrement vitrée, renforce l’idée d’un toit flottant, forme d’abri architectural dans sa plus pure expression. La toiture prolongée repose sur de fines colonnes d’acier noir posées dans la verdure, libérant sous elle une galerie généreuse. Reliée à l’intérieur par de larges fenêtres coulissantes, cette transition efface la frontière entre dedans et dehors. Le débord de toit, volontairement lisible depuis l’intérieur, accentue la sensation d’habiter la toiture elle-même.
À l’intérieur, la palette chromatique résulte d’un dialogue étroit entre les architectes et leurs clients. Le noir et le blanc se rencontrent dans des lignes épurées et des matériaux accordés, en écho au classicisme des maisons d’époque. Au centre de la maison, l’escalier s’impose comme une sculpture. En réponse à la linéarité de l’espace, il s’élance en courbe et se déploie librement dans le volume central. Ses garde-corps ajourés dessinent une dentelle verticale dont le rythme dialogue avec celui des cloisons vitrées. Au-dessus, un volume pyramidal abrite un puits de lumière dont les détails évoquent la toiture. Positionné au cœur du plan, l’escalier structure également le grand espace ouvert et articule les différentes zones de vie.