Chalet de la Pointe des Jésuites
| Type | Nouvelle construction d'un chalet |
| Lieu | Barkmere |
| Année | 2024 |
| Superficie | 2 800 pc |
| Photos | Maxime Brouillet |
Sur la pointe des Jésuites aux abords du lac des Écorces à Barkmere, ce chalet s’implante sur un site empreint d’histoire. Les vestiges d’un ancien terrain de tennis et le sentier riverain qui longe la propriété témoignent de l’occupation de ce site d’exception par la communauté religieuse. Le projet s’ancre dans la tradition des chalets laurentiens tout en proposant une approche contemporaine de l’habitation respectueuse de son milieu naturel montagnard et lacustre.
Située au creux des dénivelés convergents du grand terrain accidenté, l’implantation compacte sur pilotis constitue le geste fondateur du projet. En limitant le sous-sol à une portion réduite de l’empreinte, la stratégie structurelle préserve les arbres matures qui peuplent le site et à proximité de la nouvelle construction. Cette élévation permet à la construction de se poser délicatement sur le terrain sans perturber l’écosystème forestier. Depuis le lac, l’ensemble des constructions demeurent discrètes; seuls les hangars à bateaux et les quais des voisins ponctuent le rivage, maintenant l’illusion d’un paysage naturel préservé.
La composition architecturale se déploie en deux volumes qui glissent longitudinalement, créant des connexions stratégiques avec la topographie du site. À l’avant, cette articulation accueille l’entrée depuis le chemin d’accès. À l’arrière, une terrasse se connecte aux espaces de vie, et son plateau se prolonge pour rejoindre le niveau naturel du sol, établissant une transition fluide vers le lac. Le premier volume abrite les espaces communs et se distingue par ses débords de toiture qui protègent à l’arrière une façade entièrement vitrée ouverte sur le lac, révélant des espaces intérieurs en double hauteur qui amplifient la relation visuelle avec le paysage. Le second volume, plus épuré et dépourvu de débord de toit, contient cinq chambres et leurs salles de bain, permettant d’accueillir une famille nombreuse. Cette capacité d’hébergement répond au désir de rassemblements familiaux et permet de profiter pleinement des activités saisonnières, tant du ski alpin en hiver, que des sports nautiques en été.
La matérialité s’inscrit dans la durée et la tradition. Le revêtement extérieur en clin vertical de cèdre grisonnera naturellement au fil des ans, ce qui permettra à la maison de se marier à la toile de fond des troncs d’arbre longilignes. La toiture sombre se perd dans la canopée dense qui la surplombe. À l’intérieur, les matériaux évoquent l’héritage des chalets laurentiens : pierre brute et structure apparente de sapin Douglas créent une ambiance chaleureuse. Cette palette naturelle entre en dialogue avec les éléments de mobilier intégré noir, dont la sobriété contemporaine ponctue les espaces.
Par son respect du site, sa composition mesurée et sa matérialité authentique, ce chalet incarne une manière d’habiter le territoire laurentien qui conjugue confort domestique, vie familiale et sensibilité paysagère.